Billet d’humeur : Vacances Arbitrales

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Saison terminée, certains arbitres ont tiré leur révérence, d’autres viennent d’arriver, promotions (et relégations) ont été prononcées, il est temps de remplacer les crampons par les tongs, et que le sable remplace le pré.

Mais que fait l’arbitre en vacances ?

    Individu marginal de l’espèce humaine, il ne saurait être bélier parmi les moutons de la transhumance estivale vers les sites de bronzage piquant. Bélier, alors qu’en fin de match officiels comme joueurs ont une propension à sentir le bouc, mais Balance à l’heure des décisions à prendre, l’arbitre ayant un caractère à multiples facettes astrologiques, ses vacances ne peuvent qu’être atypiques.

     La destination est toute trouvée, la Bretagne, les Côtes d’Armor, l’arbitre tient à son renvoi aux 22. Et quand le Tour de France a failli perdre sa 2CV Cochonou, l’arbitre part évidemment en train, afin de pouvoir répondre aux coups de sifflet de son homonyme sur certains matches, tel qu’il peut être interpellé par les tribunes, le chef de gare.

    Son nectar d’apéritif est forcément anisé, de la couleur à la fois de son maillot et de son carton préféré. Il va sans dire que le petit déjeuner est à base de biscottes, car pour tenir 80mn avec prestance, il vaut mieux éviter la brioche.

    Quel régime alimentaire demandez-vous ? Traditionnellement, le plat contre lequel il lutte toute la saison sera dans son assiette pendant ce moment de repos : la fricassée… Si celle de phalanges le fait virer au rouge, quand les fruits de la mer remplacent ceux de l’amer, il en rosit de plaisir, et ne vous aventurez surtout pas près de son auge ou il vous renverra à 10 mètres à force moulinets de bras. Ces mets exquis, il les aura ramassés par lui même sur les falaises, à flanc de rucks (rocs pardons), et après en avoir autant accordés, il est temps pour lui en cuisine de s’amuser à en faire, des essais… Bizarrement il tolère les fourchettes, alors qu’il les sanctionne en temps normal.

   Mais chassez le naturel il revient au galop, ne vous avisez pas de croiser un arbitre sur la plage, il voudra contrôler la taille des crampons de vos tongs, et vous appellera par un numéro pour vous écarter de sa serviette. On ne touche pas à l’arbitre. Aucun risque qu’il s’écarte de la zone de baignade, mais il aura tendance à vouloir parler aux drapeaux…. A la pétanque, il demandera l’arbitrage vidéo, et aura tendance à siffler dans la maison de vacances pour indiquer l’heure de repas, se croyant sans doute dans le couloir des vestiaires…

    Vous l’aurez compris, l’arbitre, sur le terrain comme en vacances reste droit comme une touche. Alors sans y toucher (stop, entrez), le sifflet est au crochet, ne réfléchissez pas trop à tout ça et profitez des vacances, car ça n’est pas parce qu’on n’a rien à siffler (à part l’apéro) qu’il faut fermer sa gueule….

Ce billet d’humeur a été écrit par un de nos membres  Grizzly, ancien-arbitre de basket et amateur de rugby. Si vous souhaitez participer à ce débat, ou simplement réagir, n’hésitez pas à le faire ici ou sur notre forum sur le sujet dédié.