Interview : Alain Rolland

Alain Rolland

 

Alain Rolland fait partie de ces arbitres internationaux qui forcent le respect. Une présence dans l’arbitrage international depuis plus de 10 ans, une régularité dans ses prestations, et pour couronner le tout il est bilingue et s’exprime ainsi sans souci dans la langue de Molière. Malgré toutes ces qualités, il n’est pas arbitre professionnel et travaille à plein temps en tant que courtier en hypothèque à Dublin.

Il a gentiment répondu aux questions d’Arbitrage-rugby.com :

 

Arbitrage-rugby.com : Qu’est-ce qui vous a poussé à l’arbitrage à la suite de votre carriere de joueur ?

Alain Rolland : J’étais encore joueur lorsque le rugby est devenu professionnel. J’avais un emploi à plein temps et je ne voulais pas l’abandonner au profit d’un court contrat de rugby. Alors j’ai décidé de m’essayer à l’arbitrage.

Vous souvenez-vous de l’arbitrage de votre premier match ?

Oui je m’en souviens. J’ai commencé l’arbitrage lorsqu’un dimanche, l’arbitre désigné ne s’est pas présenté lors d’un match de jeunes. On m’a alors demandé de prendre le sifflet. J’ai vraiment apprécié d’arbitrer et c’est ce qui m’a lancé.

Avez-vous certaines habitudes avant un match? Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs arbitres?

Je me prépare de la même façon pour chaque match. L’heure à laquelle j’arrive, ce que je mange avant, l’heure à laquelle je commence mon échauffement… Certaines rencontres ont un protocole qui définit l’heure de vérifications des crampons, l’heure du toss etc.. du coup ça peut changer ma façon de me préparer, mais dans les autres cas je procède toujours de la même façon.

 

 

Pensez-vous qu’il y a une difference d’arbitrage entre les arbitres Anglo-saxons et les arbitres Français?

Non.

Vous avez arbitré un grand nombre de matchs avec des équipes Françaises, ressentez-vous une différence de comportement vis-à-vis de la règle de la part des joueurs Français ?

Non pas du tout.

La finale de Coupe du Monde 2007 fût un très grand moment, diriez-vous que ce fût l’un des plus grands moments de votre carrière d’arbitre ? En quoi ce moment était spécial pour vous ?

Evidemment, arbitrer la finale a été l’apogée de ma carrière et c’était vraiment un très grand moment. Mais pour cette Coupe du Monde en France, je me souviendrais surtout de la façon dont le public a répondu présent et du millier de volontaires qui ont rendu cette évènement possible. En dehors de la finale, je me souviens également d’autres bons matchs à Paris, Marseille et Toulouse pour n’en citer que quelques uns.

 

 En 2011, lors de la demi-finale entre le Pays de Galles et la France vous avez exclu le  capitaine Gallois Sam Warburton pour un plaquage cathédrale. Pouvez-vous décrire  l’action telle que vous l’avez vécue et comment vous en êtes arrivé à cette décision  lors d’un match si important ?

 Ce fût une décision évidente à laquelle je n’ai pas eu à réfléchir car c’était clairement dangereux.  En tant qu’arbitre je dois gérer de nombreuses choses et prendre de nombreuses décisions  pendant un match et cette décision n’en était qu’une parmi d’autres ce jour là.

 

L’an dernier vous avez rencontré Romain Poite qui est largement considéré comme le meilleur arbitre Français, le voyez-vous prendre une place importante dans le monde de l’arbitrage dans le futur ?

Romain est un très bon arbitre et je n’ai que de l’admiration pour lui car il possède toutes les qualités requises pour continuer à être un des meilleurs arbitres de la planète rugby.

 

Un grand merci à Alain Rolland pour sa disponibilité et sa sympathie. A suivre sous peu de nouvelles interviews dans un cru un peu plus régional ;)